La préservation du patrimoine religieux de Decize franchit une nouvelle étape. Grâce à la mobilisation de l’association fondée en 2020 Pour l’église Saint-Aré de Decize , les premiers travaux de restauration intérieure ont débuté.
Un édifice chargé d’histoire
L’église paroissiale de Decize est dédiée à Saint-Aré, évêque de Nevers (548 – 558), qui, selon la légende, demanda à être placé dans une barque après sa mort pour être inhumé là où elle s’arrêterait… Remontant la Loire et ses méandres, elle s’échoua miraculeusement à Decize, où le Saint repose depuis.
Construite aux 11ᵉ et 12ᵉ siècles, l’église actuelle (néoclassique) a conservé de cette époque son chœur et ses absides. En 1842, l’effondrement des murs du château voisin a entraîné la destruction d’une partie du transept, de la nef et de plusieurs chapelles. De l’édifice roman, seul subsiste le chœur abritant la crypte bâtie au Xe siècle en l’honneur de Saint-Aré.
La crypte mérovingienne, édifiée autour d’une grotte, pourrait reposer sur les vestiges d’un édifice gallo-romain. On y vénérait autrefois une statue miraculeuse, Notre-Dame de Sous Terre. Si l’église est ouverte au public tous les jours, la crypte ne se visite que sur rendez-vous ou lors de visites guidées en juillet et août.
Un projet porté par une association locale
L’association Pour l’église Saint-Aré de Decize, présidée par Daniel Plessy, œuvre depuis plusieurs années à la mise en valeur des intérieurs de l’église partiellement classée (chœur et crypte) et inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques (nef et transept)
La commune a confié la maitrise d’oeuvre à Laure de Raeve, architecte du Patrimoine. Des tests de nettoyage réalisés par Laurence Blondaux, restauratrice de décors peints, furent financés par l’association grâce au Budget Participatif Nivernais en 2022.
Un chantier participatif sous l’égide de Rempart
Les services techniques municipaux ont amorcé les travaux en retirant les couches de ciment qui recouvraient les soubassements intérieurs, dégradés par l’humidité. Ces éléments sont remplacés par un enduit à la chaux, permettant la respiration des murs de l’édifice, conformément aux recommandations de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).
Cette première phase précède l’intervention des bénévoles de la fédération Rempart, qui participera à la restauration de l’édifice à l’été 2025. Fondée en 1966, cette fédération regroupe plus de 170 associations spécialisées dans la restauration du patrimoine et mobilise chaque année des centaines de jeunes volontaires.
Encadrés par Laurence Blondaux, ces bénévoles travailleront pour la première tranche de restauration au nettoyage du Chemin de croix (sous la tribune de l’Orgue), peint sur toiles tendues par Raphaël Bodin en 1897. Ces chantiers de l’association Rempart permettent d’acquérir des savoir-faire en maçonnerie, taille de pierre et peinture murale pour le cas de l’église Saint-Aré, tout en contribuant activement à la sauvegarde du patrimoine.
Un patrimoine communal à préserver
En France, la plupart des édifices religieux appartiennent aux communes. Cette particularité découle de la Révolution française, qui a conduit à la nationalisation des biens du clergé, et de la loi de 1905 instaurant la séparation des Églises et de l’État.

