Une exposition pour briser les silences
L’exposition, composée de 13 portraits de femmes kurdes, met en lumière leur engagement politique, social, culturel et écologique. Ces femmes, souvent confrontées à la répression dans des pays comme la Turquie, l’Iran, l’Irak ou la Syrie, incarnent une lutte universelle pour la liberté, l’égalité et la justice. Leur résistance, qu’elles soient artistes, entrepreneuses ou militantes, interroge les stéréotypes sur les femmes du Moyen-Orient et rappelle leur rôle central dans la construction d’une société plus juste.
Les prisonniers politiques kurdes en Turquie : un combat pour la liberté
Depuis des décennies, la Turquie emprisonne des milliers de militants, élus et intellectuels kurdes, souvent dans des conditions dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Leur « crime » ? Avoir défendu leurs droits culturels, linguistiques ou politiques, dans un contexte où l’expression kurde est systématiquement réprimée.
Des arrestations massives et arbitraires
Nudem Durak : Ancienne chanteuse kurde, condamnée à 19 ans de prison en 2017 pour avoir interprété une chanson en kurde. Son cas a suscité une mobilisation internationale, avec le soutien d’artistes comme Angela Davis, Peter Gabriel et Roger Waters. Elle est incarcérée à 500 km de sa famille, une situation qui aggrave les difficultés pour maintenir le lien familial.
Leyla Güven : Ancienne co-maire et figure du mouvement des femmes kurdes, libérée en 2021 après une grève de la faim de plus de 200 jours pour protester contre l’isolement du leader kurde Abdullah Öcalan.
Selahattin Demirtaş : Ex-co-président du Parti Démocratique des Peuples (HDP), en prison depuis 2016 malgré les appels à sa libération de la Cour européenne des droits de l’homme.
Des ateliers d’écriture pour prolonger l’échange
En marge de l’exposition, deux ateliers d’écriture ont été organisés. L’objectif ? Écrire aux prisonnières politiques kurdes, majoritairement des femmes, détenues en Turquie. Une initiative solidaire pour briser l’isolement et leur rappeler qu’elles ne sont pas oubliées.
Didier Bourotte, membre de l’association France Kurdistan, rappelle les défis de cette solidarité : « Nous ne savons pas si ces lettres parviendront à leurs destinataires. La censure est forte dans les prisons turques : toutes les lettres doivent éviter les symboles kurdes, comme les couleurs du drapeau. Pourtant, parfois, des réponses nous parviennent… »
Le 15 octobre, la Médiathèque de Decize a accueilli le vernissage de l’exposition, en présence de membres de l’association et du public. La même soirée, le cinéma CinéAL proposait la projection du film « My Sweet Pepper Land » (2013), une fiction kurde qui aborde les thèmes de la résistance et de la reconstruction dans un village du Kurdistan irakien. Une façon de prolonger la réflexion par le cinéma.
Et après ?
Si l’exposition a quitté Decize, son message reste d’actualité. Les lettres écrites lors des ateliers seront envoyées aux prisonnières, et l’association France-Kurdistan continue son travail de sensibilisation. Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, des ressources (livres, films, sites) sont disponibles à la médiathèque.
